Campagne électorale 2012 - Lettre ouverte aux électrices et aux électeurs du Québec Paul Gérin-Lajoie s’oppose de nouveau à l’abolition des commissions scolaires proposée par la CAQ

31 août 2012 08:42

La Coalition Avenir Québec (CAQ) véhicule une idée sans bon sens, simpliste, que son chef n’est pas capable d’expliquer de façon convaincante : l’abolition des commissions scolaires soi-disant pour réaliser d’hypothétiques économies qui seraient retournées aux écoles. Chimère et faux-fuyant! Il n’y aura pas d’économies puisque les commissions scolaires font face actuellement à des coupures budgétaires de 300 M$ et leurs coûts de gestion sont déjà les plus bas dans le secteur public.

Mais au-delà de cette valse des millions par centaines qui constitue un argument tout à fait démagogique tenté auparavant par l’Action démocratique, ce qu’il faut surtout retenir, c’est que les commissions scolaires jouent un rôle essentiel, incontournable pour assurer une qualité de services aux élèves et aux parents du Québec, mais surtout pour assurer un partage équitable des ressources humaines et financières à tous les élèves, doués ou en difficulté, de milieu riche ou de milieu moins favorisé, des grands centres comme des villages éloignés.

Pensons-y bien!
Je dis aux Québécoises et aux Québécois, pensez-y bien avant d’adhérer à cet engagement de la CAQ qui peut sembler séduisant, mais qui mènerait le Québec dans un débat de structures stérile, sans preuve d’économies, mais plutôt avec un grand risque de chaos en éducation pour les années à venir au détriment des actions importantes qui se mènent actuellement pour améliorer la persévérance scolaire et la réussite des élèves.

Parmi les meilleurs au monde
Ayons à l’esprit également que le Québec a un des meilleurs systèmes d’éducation au monde. Nous sommes au 5e rang parmi les pays de l’OCDE. Notre système public d’éducation dirigé par des commissions scolaires a été au cœur de la Révolution tranquille qui a propulsé le Québec aux plans social, culturel et économique, ce dont je suis très fier en tant que premier titulaire du ministère de l’Éducation du Québec.

Pourquoi ferions-nous l’erreur du Nouveau-Brunswick qui, après avoir aboli les commissions scolaires, les a recréées particulièrement à la demande des parents qui tiennent, tout comme ici au Québec, à pouvoir intervenir localement et régionalement auprès de leur commission scolaire, pour faire connaître leurs besoins et attentes plutôt que de se heurter à la porte du Complexe G à Québec.

Pourquoi alourdir encore plus la tâche des directions d’établissement?
Ce que la CAQ préconise, ce n’est rien d’autre que d’alourdir la tâche déjà importante des directions d’établissement qui devront, selon les abolitionnistes, engager les enseignants, organiser le service de transport scolaire qui touche actuellement environ 550 000 élèves, faire réparer la toiture de l’école et s’assurer que toutes les classes du Québec ont le matériel nécessaire pour enseigner à nos élèves.

D’une part, la CAQ veut recréer 3 000 petites commissions scolaires comme à l’époque d’Émilie Bordeleau avec comme conséquence plus de personnel administratif qu’il y en a actuellement dans les commissions scolaires. D’autre part, la CAQ veut détourner les directrices et les directeurs d’établissement de leur mission première de leader pédagogique.

La priorité : la réussite des élèves, pas un débat de structures
La priorité en éducation, l’urgence actuellement, c’est la lutte au décrochage scolaire. Les intervenants du réseau scolaire sont mobilisés et les résultats s’améliorent d’année en année, contrairement à ce qu’affirme la CAQ. Méconnaissance ou mauvaise foi?

Laissons de côté les débats de structures et investissons plutôt nos efforts dans la réussite des élèves et la valorisation de notre système d’éducation, du personnel et des élus scolaires qui sont la voix des citoyens en éducation.

Paul Gérin-Lajoie
Premier titulaire du ministère de l’Éducation du Québec
31 août 2012