Laïcité de l’État : la FCSQ réitère ses préoccupations

28 mars 2019 16:19

Québec - En réaction au dépôt du projet de loi no 21, Loi sur la laïcité de l’État, la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) tient à réitérer ses positions et ses questionnements en lien avec la laïcité de l’État et l’application du projet de loi dans le milieu scolaire.

« À l’image de notre société, les commissions scolaires, comme acteurs du réseau public d’éducation, prônent des valeurs d’ouverture et d’inclusion. L’apprentissage du vivre-ensemble est une part importante des projets éducatifs déployés dans nos écoles. Certains aspects du projet de loi nous semblent difficilement conciliables à ce moment-ci avec ces valeurs », a affirmé le président de la FCSQ, Alain Fortier. 

« Dans le contexte où les écoles sont déconfessionnalisées depuis 2000, nous réaffirmons notre appui au principe de la neutralité religieuse de l’État et de l’égalité entre les hommes et les femmes. Nous appuyons également la règle générale de l’exercice des fonctions à visage découvert. Comme nous l’avons fait précédemment à de nombreuses reprises, nous comptons bien participer avec rigueur aux consultations à venir sur le projet de loi, afin de bien exprimer le point de vue des commissions scolaires et les particularités propres à chaque milieu », a déclaré le président de la FCSQ, Alain Fortier.

Plusieurs questions sur l’interdiction du port de signes religieux
Concernant l’interdiction du port de signes religieux, la FCSQ questionne plusieurs aspects de son éventuelle mise en œuvre. « D’abord, le projet de loi ne prévoit aucune définition du signe religieux. Pourquoi exclure le réseau scolaire privé, pourtant financé à 70 % par le gouvernement du Québec? Les enseignants du réseau privé n’ont-ils pas le même statut qu’un enseignant du public? La loi, lorsqu’elle sera adoptée, doit impérativement encadrer l’ensemble des établissements scolaires, subventionnés en tout ou en partie par l’État. L’application variable selon le type de personnel nous préoccupe également. Par exemple, les professionnels ou les éducatrices et éducateurs des services de garde scolaire n’auraient pas à s’y soumettre, contrairement aux membres de la direction et aux enseignants. Cela vient créer des exigences différentes selon le statut, sans aucune explication », a-t-il indiqué.

Finalement, l’application de cette règle ouvre la voie à d’éventuels conflits de travail, qu’auront à gérer les commissions scolaires, incluant les coûts juridiques potentiels. Dans la situation de pénurie existante, cela risque de priver les commissions scolaires de main-d’œuvre, future ou actuelle. La FCSQ souhaite être entendue en consultation sur ce projet de loi, afin d’obtenir les réponses à ses multiples interrogations.

La Fédération des commissions scolaires du Québec regroupe la vaste majorité des commissions scolaires francophones du Québec ainsi que la Commission scolaire du Littoral. Les commissions scolaires sont des gouvernements locaux qui veillent à la réussite scolaire de plus d’un million d’élèves en assurant des services éducatifs au primaire, au secondaire, en formation professionnelle et à l’éducation des adultes grâce à l’engagement de quelque 120 000 employés. Elles offrent aussi des services efficaces et essentiels, notamment en matière de ressources humaines et de ressources matérielles et financières. De plus, les commissions scolaires ont la responsabilité de répartir équitablement les ressources entre leurs établissements et de rendre accessible, en tout temps, un transport scolaire sécuritaire.

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Source

Caroline Lemieux
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