Blogue de la FCSQ

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Une réponse aux 175 M$ de Mme Malavoy

par Josée Bouchard.

Nous sommes en 1990, ma petite Sophie entre à la maternelle. Avec empressement, je m’engage aussi. Comme papa et maman l’avaient fait en 1964, je suis élue au comité d’école. C’est le début d’une longue implication jusqu’à la présidence de ma commission scolaire, puis de celle de la Fédération des commissions scolaires du Québec. Mon fil conducteur : la croyance viscérale au système public d’éducation du Québec, un des plus beaux héritages que m’ont légués mes parents qui m’ont surtout expliqué que les Paul Gérin-Lajoie, Jean Lesage, René Lévesque et les autres ont compris, à leur époque, que le véritable développement du Québec devait s’appuyer sur un solide réseau d’éducation dont la pierre d’assise était l’équité.

Ouf! Je vous avoue que je tombe de haut depuis quelques années et particulièrement ces jours-ci alors que le débat en cours sur la gestion de la taxe scolaire met en scène un gouvernement s’acharnant sur les commissions scolaires et, particulièrement, sur leurs élus. On tente de les faire passer pour des cancres, des irresponsables, voire des paresseux optant, sans hésiter, pour la facilité en refilant des factures aux contribuables pour éviter de couper dans leurs « abondantes » dépenses administratives pourtant amputées de plus de 600 M$ ces dernières années.

Triste à mourir… L’essentiel a disparu du radar gouvernemental : les élèves. La ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport en a rajouté cette semaine avec sa déclaration sur les 175 M$ de revenus autonomes bien gardés dans nos coffres, selon elle. Triste à mourir, vous dis-je… Elle omet volontairement de dire qu’il y a des dépenses qui y sont liées. Voici donc pourquoi nous ne pouvons pas mettre ces 175 M$ sur la table : ils sont dans les écoles et sont associés à des services aux élèves. Ce sont les services de garde, les activités culturelles et sportives. C’est l’argent des fondations qui vise la réalisation de projets pour les élèves des milieux défavorisés ou pour la persévérance scolaire. Quant à la location de nos locaux qui serait, selon Mme Malavoy, la panacée au financement du réseau scolaire, les règles imposées par le gouvernement nous permettent à peine de couvrir nos frais.

Les présidentes et les présidents des commissions scolaires du Québec ont résolu unanimement de ne pas être complices d’un gouvernement qui veut se faire du capital politique sur le dos des élèves. Le Québec possède une richesse extraordinaire, sa jeunesse. Prenons-en soin! De grâce, rappelons-nous d’où l’on vient pour voir plus loin qu’une prochaine élection. 

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