Blogue de la FCSQ

Actuellement les articles sont filtrés par: commissions scolaires
Réinitialiser ce filtre pour voir tous les articles

Une étoile à notre cahier

par Josée Bouchard.

Lors de sa déclaration d’ouverture des audiences publiques de la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction, la présidente de la Commission, la juge France Charbonneau, a précisé que la liste des entités incluses dans son mandat comprenait notamment les commissions scolaires.

Comme les commissions scolaires sont d’importants donneurs d’ouvrage, il était tout à fait normal que cela soit le cas, et cela ne nous a jamais inquiétés. Et pour cause : aucune irrégularité dans les contrats de construction octroyés par le réseau scolaire n’a été mise au jour dans le cadre des travaux de la Commission. J’en suis particulièrement fière et je me permets de le souligner car personne ne le fera à notre place.

Mais ce n’est pas surprenant quand on sait que les commissions scolaires sont dotées d’un code d’éthique et de déontologie depuis 1997, soit bien avant les municipalités. Les commissions scolaires œuvrent dans un environnement qui favorise la transparence et une reddition de comptes efficace. Elles gèrent, entretiennent et réparent plus de trois mille bâtiments sans dépassement budgétaire significatif, et toujours avec les frais administratifs les plus bas parmi les organismes publics et parapublics, soit à 4,2 %.

Alors lorsque j’entends qu’il faut absolument réduire la coûteuse bureaucratie des commissions scolaires, je réponds qu’il faut regarder ailleurs pour trouver du gaspillage, comme l’a clairement démontré la Commission Charbonneau.

retour

Retour à la case départ

par Josée Bouchard.

C’est avec un certain étonnement que la FCSQ a pris connaissance des déclarations récentes du ministre de l’Éducation au sujet des fusions de commissions scolaires. Alors que son prédécesseur, membre du même gouvernement, a soutenu pendant des mois qu’il souhaitait réduire de près de moitié le nombre de commissions scolaires pour réaliser des économies, François Blais a dû se rendre à l’évidence : les économies escomptées ne seraient pas au rendez-vous. C’est évidemment ce que la Fédération martelait depuis le début, analyses rigoureuses à l’appui.

Mais la prudence s’impose, car le ministre Blais a pris soin de préciser à plusieurs reprises que le projet de loi sur la gouvernance et la restructuration du réseau scolaire, qu’il doit déposer incessamment, lui donnera le pouvoir de décréter des fusions de commissions scolaires ou de services s’il le juge nécessaire. Quels seront les critères retenus pour prendre une telle décision? Le mystère demeure entier pour le moment. Pour la FCSQ, il est clair qu’au-delà des principes de bonne gouvernance, la qualité des services aux élèves doit toujours primer.

De plus, il faut comprendre ces déclarations dans le contexte des compressions budgétaires substantielles qui affligent le système public d’éducation et dont les conséquences font les manchettes quotidiennement. D’où l’idée à laquelle semble adhérer le ministre Blais, d’incitatifs financiers pour accompagner les commissions scolaires qui décideraient de fusionner de manière volontaire. Sans le dire ouvertement, le ministre veut ainsi s’assurer que les coûts inhérents à cet exercice ne viennent fragiliser davantage un réseau mis à mal par des compressions de plus d’un milliard de dollars depuis cinq ans. C’est exactement ce que proposait la FCSQ dans son plan de renouvellement rendu public en 2011, auquel le gouvernement libéral n’a jamais donné suite !

retour

L’élève avant tout

par Josée Bouchard.

Je ne vous le cacherai pas, l’année 2013 a été très difficile. Notre système public d’éducation, auquel je crois profondément et qui est le leitmotiv de mon engagement en politique, est menacé. Et quand on ébranle les fondations du système public d’éducation, c’est la réussite des élèves qui risque d’en souffrir au bout du compte.

Le gouvernement a tellement coupé dans le budget des commissions scolaires que plus de la moitié d’entre elles sont en déficit d’opération cette année. Est-ce cela notre vision de l’éducation au Québec? Un système qui n’a pas les moyens de ses ambitions?

Pourtant, les résultats des élèves québécois au Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA 2012) dévoilés récemment le démontrent, nous avons l’un des meilleurs systèmes d’éducation au monde. Nos élèves ont d’excellents résultats, mais plutôt que de s’en réjouir et de concentrer nos efforts pour améliorer cette performance, le gouvernement fragilise ces acquis par des compressions budgétaires à répétition.

Car le projet de loi n° 63 sur le remboursement de la taxe scolaire, s’il est adopté, se traduira par des compressions supplémentaires de plus de 160 M$, qui s’ajoutent aux 640 M$ de compressions depuis 2010.

La protectrice du citoyen elle-même l’a dit : le gouvernement ne peut affirmer que les compressions budgétaires n’affectent pas les services directs à la population. Le gouvernement doit assumer ses responsabilités. S’il veut atteindre l’équilibre budgétaire à tout prix, qu’il indique quels services devront être coupés. Les commissions scolaires refusent d’en porter l’odieux.

Les frais administratifs des commissions scolaires représentent seulement 4,6 % de leur budget. Tout ce qui pouvait être fait l’a été et déclarer qu’il y a encore de la marge de manœuvre relève tout simplement de la démagogie.

Et je ne peux passer sous silence l’impact sournois de ces compressions à répétition et du discours qui les accompagne sur la motivation du personnel, des gestionnaires et des élus des commissions scolaires. Tout le réseau scolaire est entièrement dédié à la réussite des élèves, mais se faire constamment critiquer et remettre en question finit par nous éloigner de notre mission.

Le gouvernement a confié à un groupe d’experts le mandat d’étudier le financement, l’administration, la gestion et la gouvernance des commissions scolaires et nous lui avons offert notre entière collaboration. Pour ma part, le mandat de ce comité est clair : il doit trouver des solutions afin d’assurer la pérennité de notre système public d’éducation dans le meilleur intérêt des élèves et c’est dans ce sens que j’accueillerai ses recommandations.

Si le bilan de 2013 est sombre dans le domaine de l’éducation, les perspectives sur le front de la démocratie scolaire sont plus intéressantes pour 2014. En effet, il y aura des élections scolaires le 2 novembre prochain et c’est une occasion extraordinaire pour la population de faire connaître ses aspirations pour le système public d’éducation québécois. Je vous invite donc à vous informer, notamment via le site www.electionsscolaires2014.com, et à participer activement à la création d’un environnement éducatif stimulant qui répond aux besoins des élèves de votre milieu en devenant candidat ou en votant aux prochaines élections scolaires. C’est un rendez-vous!

retour

Une réponse aux 175 M$ de Mme Malavoy

par Josée Bouchard.

Nous sommes en 1990, ma petite Sophie entre à la maternelle. Avec empressement, je m’engage aussi. Comme papa et maman l’avaient fait en 1964, je suis élue au comité d’école. C’est le début d’une longue implication jusqu’à la présidence de ma commission scolaire, puis de celle de la Fédération des commissions scolaires du Québec. Mon fil conducteur : la croyance viscérale au système public d’éducation du Québec, un des plus beaux héritages que m’ont légués mes parents qui m’ont surtout expliqué que les Paul Gérin-Lajoie, Jean Lesage, René Lévesque et les autres ont compris, à leur époque, que le véritable développement du Québec devait s’appuyer sur un solide réseau d’éducation dont la pierre d’assise était l’équité.

Ouf! Je vous avoue que je tombe de haut depuis quelques années et particulièrement ces jours-ci alors que le débat en cours sur la gestion de la taxe scolaire met en scène un gouvernement s’acharnant sur les commissions scolaires et, particulièrement, sur leurs élus. On tente de les faire passer pour des cancres, des irresponsables, voire des paresseux optant, sans hésiter, pour la facilité en refilant des factures aux contribuables pour éviter de couper dans leurs « abondantes » dépenses administratives pourtant amputées de plus de 600 M$ ces dernières années.

Triste à mourir… L’essentiel a disparu du radar gouvernemental : les élèves. La ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport en a rajouté cette semaine avec sa déclaration sur les 175 M$ de revenus autonomes bien gardés dans nos coffres, selon elle. Triste à mourir, vous dis-je… Elle omet volontairement de dire qu’il y a des dépenses qui y sont liées. Voici donc pourquoi nous ne pouvons pas mettre ces 175 M$ sur la table : ils sont dans les écoles et sont associés à des services aux élèves. Ce sont les services de garde, les activités culturelles et sportives. C’est l’argent des fondations qui vise la réalisation de projets pour les élèves des milieux défavorisés ou pour la persévérance scolaire. Quant à la location de nos locaux qui serait, selon Mme Malavoy, la panacée au financement du réseau scolaire, les règles imposées par le gouvernement nous permettent à peine de couvrir nos frais.

Les présidentes et les présidents des commissions scolaires du Québec ont résolu unanimement de ne pas être complices d’un gouvernement qui veut se faire du capital politique sur le dos des élèves. Le Québec possède une richesse extraordinaire, sa jeunesse. Prenons-en soin! De grâce, rappelons-nous d’où l’on vient pour voir plus loin qu’une prochaine élection. 

retour

Il faut un signal clair du gouvernement en faveur des élèves qui fréquentent l'école publique

par Josée Bouchard.

À l’occasion de la rentrée scolaire, je crois qu’il est important de faire le point sur notre système public d’éducation. Le budget des commissions scolaires a été amputé d’un demi-milliard de dollars au cours des trois dernières années. Des compressions qui sont toujours annoncées dans une perspective comptable, sans égard aux objectifs de réussite souhaités pour nos élèves et des conditions d’exercice du personnel qui travaille auprès d’eux. Il faut s’interroger sur le message que cela envoie.

Quelle importance voulons-nous accorder à l’éducation au Québec? Quelle est notre vision du développement global de la société québécoise? Pour les élus scolaires, la réponse est claire. Nous croyons que l’éducation doit être la priorité du gouvernement et que le développement de notre société doit être basé sur un système public d’éducation accessible, équitable, démocratique et financé à la hauteur de ses défis. Nous attendons un signal clair du gouvernement en faveur de la valorisation de l’école publique.

Ce signal est d’autant plus important que le réseau des établissements privés a davantage été épargné par les plus récentes compressions et qu’il continue de bénéficier d’un généreux financement public à la hauteur de 60 %, en plus de demander un financement additionnel pour accueillir les élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage. C’est un sujet qui semble tabou au Québec, mais je crois qu’il est temps de faire le débat sur les impacts du financement public du réseau des écoles privées sur le système public d’éducation. Ce sera un enjeu important de la prochaine année.

Mais ce que je souhaite surtout, c’est que cessent les compressions dans le réseau public d’éducation qui a un urgent besoin de refinancement. C’est la qualité des services aux élèves qui est en cause et, à plus long terme, leur réussite. Il faut que l’improvisation qui a guidé les compressions des dernières années cesse et soit remplacée par une vision à long terme pour l’avenir de nos jeunes.

L’éducation doit aussi faire partie de la vision à long terme que l’on souhaite pour le développement de notre société, notamment en ce qui a trait aux besoins en main-d’œuvre. C’est pourquoi la valorisation de la formation professionnelle sera aussi une des priorités de la Fédération. Si beaucoup de travail reste à faire pour la valorisation de l’éducation publique en général, la tâche est encore plus importante pour la formation professionnelle. Malgré tous les efforts consentis, force est de constater qu’elle souffre encore de beaucoup de préjugés.

Sur le plan politique, les commissions scolaires ont déjà commencé le travail qui les mènera à la tenue d’élections scolaires le 2 novembre 2014 puisque plusieurs changements entreront en vigueur, notamment l’élection du président au suffrage universel. Le gouvernement doit être au rendez-vous pour mettre en place les conditions essentielles pour accroître la participation des citoyens aux prochaines élections scolaires à l’instar des moyens promotionnels qu’il déploie pour les élections municipales.

La Fédération exhorte donc le gouvernement à mettre fin aux compressions dans le système public d’éducation pour que les commissions scolaires puissent travailler en priorité, avec leurs partenaires, sur la persévérance et la réussite des élèves.

Enfin, permettez-moi de souhaiter aux plus d’un million d’élèves du primaire, du secondaire, de la formation professionnelle et de l’éducation aux adultes, ainsi qu’à leurs parents qui peuvent compter sur le personnel dévoué de nos commissions scolaires engagées vers la réussite, une bonne rentrée scolaire!

retour