Blogue de la FCSQ

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Gérer l’école publique comme « une business »?

par Josée Bouchard.

Gérer l’école publique comme « une business »?

Est-ce que les écoles publiques peuvent être gérées comme une entreprise privée? C’est la question qu’on doit se poser avec l’intention annoncée du ministre de l’Éducation de remplacer les conseils des commissaires, élus au suffrage universel, par un conseil d’administration privé, donc composé de personnes nommées. Et pour la FCSQ, la réponse est évidente, c’est non. En fait, cela irait à l’encontre même des valeurs qui sont le fondement du système public d’éducation, soit l’accessibilité, l’équité et la démocratie.

Il est important de le rappeler, les commissions scolaires ont comme mission d’assurer la réussite de tous les élèves, où qu’ils soient sur le territoire, et peu importe leur statut socio-économique. L’école publique accepte tous les élèves et les commissions scolaires répartissent les ressources équitablement entre les établissements afin que tous aient accès aux mêmes services, aux mêmes chances de réussite. Le fait que les décisions soient prises par des élus permet à la population, et au premier chef les parents, d’exprimer ses attentes et ses besoins et le cas échéant, son mécontentement.

Face aux impératifs budgétaires imposés par le gouvernement, les élus scolaires ont souvent opposé leur voix. Que fera un conseil d’administration dans une telle situation? Est-ce cela l’objectif du gouvernement : faire taire les voix qui s’élèvent pour assurer la pérennité du système public d’éducation et la réussite de tous les élèves?

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Il faut un signal clair du gouvernement en faveur des élèves qui fréquentent l'école publique

par Josée Bouchard.

À l’occasion de la rentrée scolaire, je crois qu’il est important de faire le point sur notre système public d’éducation. Le budget des commissions scolaires a été amputé d’un demi-milliard de dollars au cours des trois dernières années. Des compressions qui sont toujours annoncées dans une perspective comptable, sans égard aux objectifs de réussite souhaités pour nos élèves et des conditions d’exercice du personnel qui travaille auprès d’eux. Il faut s’interroger sur le message que cela envoie.

Quelle importance voulons-nous accorder à l’éducation au Québec? Quelle est notre vision du développement global de la société québécoise? Pour les élus scolaires, la réponse est claire. Nous croyons que l’éducation doit être la priorité du gouvernement et que le développement de notre société doit être basé sur un système public d’éducation accessible, équitable, démocratique et financé à la hauteur de ses défis. Nous attendons un signal clair du gouvernement en faveur de la valorisation de l’école publique.

Ce signal est d’autant plus important que le réseau des établissements privés a davantage été épargné par les plus récentes compressions et qu’il continue de bénéficier d’un généreux financement public à la hauteur de 60 %, en plus de demander un financement additionnel pour accueillir les élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage. C’est un sujet qui semble tabou au Québec, mais je crois qu’il est temps de faire le débat sur les impacts du financement public du réseau des écoles privées sur le système public d’éducation. Ce sera un enjeu important de la prochaine année.

Mais ce que je souhaite surtout, c’est que cessent les compressions dans le réseau public d’éducation qui a un urgent besoin de refinancement. C’est la qualité des services aux élèves qui est en cause et, à plus long terme, leur réussite. Il faut que l’improvisation qui a guidé les compressions des dernières années cesse et soit remplacée par une vision à long terme pour l’avenir de nos jeunes.

L’éducation doit aussi faire partie de la vision à long terme que l’on souhaite pour le développement de notre société, notamment en ce qui a trait aux besoins en main-d’œuvre. C’est pourquoi la valorisation de la formation professionnelle sera aussi une des priorités de la Fédération. Si beaucoup de travail reste à faire pour la valorisation de l’éducation publique en général, la tâche est encore plus importante pour la formation professionnelle. Malgré tous les efforts consentis, force est de constater qu’elle souffre encore de beaucoup de préjugés.

Sur le plan politique, les commissions scolaires ont déjà commencé le travail qui les mènera à la tenue d’élections scolaires le 2 novembre 2014 puisque plusieurs changements entreront en vigueur, notamment l’élection du président au suffrage universel. Le gouvernement doit être au rendez-vous pour mettre en place les conditions essentielles pour accroître la participation des citoyens aux prochaines élections scolaires à l’instar des moyens promotionnels qu’il déploie pour les élections municipales.

La Fédération exhorte donc le gouvernement à mettre fin aux compressions dans le système public d’éducation pour que les commissions scolaires puissent travailler en priorité, avec leurs partenaires, sur la persévérance et la réussite des élèves.

Enfin, permettez-moi de souhaiter aux plus d’un million d’élèves du primaire, du secondaire, de la formation professionnelle et de l’éducation aux adultes, ainsi qu’à leurs parents qui peuvent compter sur le personnel dévoué de nos commissions scolaires engagées vers la réussite, une bonne rentrée scolaire!

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